25.11.06


samedi 25 novembre 2006
, communiqué de Denis Robert...

"Ce qui n’était pas prévu est finalement arrivé.
J’ai reçu une convocation de première comparution à mon domicile cette semaine.
Les juges d’Huy et Pons, suite aux plaintes déposées par Clearstream et le cabinet d’audit Barbier Frinault et aux réquisitions du Parquet de Paris, m’invitent à passer les voir le 12 décembre prochain, pour me mettre en examen.
Cette comparution intervient à la veille de mes procès en appel contre Clearstream.
On me reproche un recel d’abus de confiance sur lequel je me suis déjà expliqué ici.
Je répondrai sans aucune difficulté à toutes les questions qui me seront posées comme je n’ai jamais manqué de le faire.
Depuis mars 2001, date de la sortie de mon premier livre Révélation$ et du film Les dissimulateurs, j’ai toujours œuvré dans l’unique but d’informer le plus grand nombre, sans jamais enfreindre la loi, sur les pratiques et dérives en cours dans ce milieu très opaque de l’hyperfinance.
Je suis allé là où aucun juge n’avait jamais mis les pieds car dans les paradis fiscaux, les magistrats ont pour fonction de protéger les criminels.
Mon travail, depuis l’appel de Genève, s’inscrit dans une démarche visant à expliciter le pillage organisé de nos économies par le crime organisé et l’aveuglement des politiques et des banquiers sur ces questions.
J’ai résisté à toutes les pressions et à tous les pièges qui m’ont été tendus.
J’ai persévéré dans ce travail avec la Boîte noire, puis avec l’affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo, notre dernier film, le seul que Clearstream n’ait pas attaqué.
Mes révélations sur la multinationale luxembourgeoise ont d’abord permis de mieux comprendre le fonctionnement de la planète financière : la traçabilité des échanges transfrontalier, la centralisation en des points stratégiques de l’information, l’autocontrôle des banques.
J’ai montré, sans l’ombre d’un doute, que Clearstream était un organisme de compensation formidablement efficace pour des milliers de clients –banques honorables comme société off shore- cherchant à dissimuler des opérations
immensément frauduleuses. Et ce au moins jusqu’en 2002, date où mon enquête s’est achevée.
Ma volonté d’informer le plus grand nombre s’est ensuite concrétisée par la publication en juin dernier de mon livre Clearstream, l’enquête, où j’ai, le premier, révélé les turpitudes et les protections des acteurs de cette tragicomédie à la française. Cette histoire de corbeau est d’abord l’histoire du détournement de mon travail à des fins politiciennes et en
définitive mercantiles.

Cette convocation judiciaire tombe après que mes téléphones aient été écoutés, mes emails piratés, et après que des policiers et un expert en informatique aient perquisitionné mon bureau, recopiant les disques durs de plusieurs de mes ordinateurs, détruisant au passage l’un d’eux.

Avec cette convocation pour ma mise en examen, on est monté d’un cran dans l’extravagance.

Les principaux dirigeants de ce pays - le premier ministre, les ministres de la défense et de l’Intérieur, comme le président de la République- qui connaissaient bien avant moi les tenants et les aboutissants des manipulation ne sont, eux, pas inquiétés et bénéficient d’une immunité que chacun pourra apprécier.

Quand on sait que les procès verbaux d’auditions de témoins sont en ligne avant même que les avocats ne les aient eues entre les mains, on voit bien que c’est au plus haut niveau de l’Etat que les décisions se prennent. Et que des manipulations s’opèrent.

Je suis aujourd’hui la victime non consentante d’une minable guerre politicienne entre Sarkozystes et Chiraquiens. La justice est instrumentalisée en ce sens.

Ces personnalités politiques – Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin, mais aussi Nicolas Sarkozy- étaient à coup sûr tous informés au moins depuis juin 2004 du trafic des listings de Clearstream.
Cela est facilement démontrable.
Ce sont eux qui ont abusé et qui continuent à abuser de la confiance des magistrats instructeurs et des Français.
Moi, qui ai aidé la justice et les enquêteurs en leur révélant l’ampleur et les éléments de la manipulation dans mon livre Clearstream, l’enquête, débloquant ainsi une instruction qui s’enlisait, je suis donc aujourd’hui sur le point d’être un receleur d’abus de confiance. Ce nouveau statut ne me soucie pas sur le fond. Même si, me voir mis en cause à intervalle régulier dans la presse, ne me fait pas particulièrement plaisir.

J’aimerais que cette presse si réactive quand il s’agit de balancer des procès verbaux ou des mises en examen, soit un peu plus curieuse sur le fonctionnement de Clearstream. Et solidaire concernant ce qui est en train d’arriver.

Après le retrait du livre des librairies en juin dernier (dans le silence) et les procès à répétition de Clearstream et des banques contre moi (dans le même silence), l’addition commence à s’alourdir en terme de censure, et d’atteinte à la liberté d’écrire et d’informer.

Denis Robert

Ps : Un grand merci à tous ceux qui m’ont écrit ces derniers jours et qui se sont connectés à l’association montée par mes amis…"

8 Comments:

Anonymous Anonyme said...

super illu merci sidonie

19:49  
Anonymous Anonyme said...

Un petit dessin de soutien. Je savais pas ou l'envoyer...

http://blogus.over-blog.org/article-4678132.html

20:20  
Anonymous Anonyme said...

Bonjour,
« Les poursuites annoncées pourraient éclairer l'attitude parfois ambiguë de M. Robert dans le déroulement de l'affaire. » (Gérard Davet et Hervé Gattegno- le Monde, dimanche 26- novembre 2006.
Dire que je suis choqué est un tout petit mot… Voila comment des « journalistes » du Monde entament un paragraphe concernant l’un de leur collègue… Collègue qui est à la base des révélations au public des magouilles de Clearstream… Et qui va se retrouver devant des « hommes de justice » pour la 40 millième fois.
Par naissance, je suis franco/américain, chez moi là bas, même avec un G.Bush, nous n’avons pas ce genre de presse servile (je parle de la presse écrite, pas de la télouche). En ce beau pays de France, l’énorme majorité des écrivaillons sont à la botte de la finance, des politiques et autres affidés. Normal, science PO mène aux mêmes carrières…Mêmes formations, mêmes profils… Même Formatage.
Cet « article » du monde lu sur Internet a aussi une photo de Denis Robert, et croyez moi cette photo n’a rien d’innocente dans son choix, une vraie tête de bagnard et futur coupable idéal…
Cher Denis, tenez bon, il est vrai que vous vous êtes attaqué à des gros méchants loups… Quant aux journaleux du monde si j’étais vous je laisserais glisser… N’en mérite pas deux lignes.
George Z.

13:17  
Anonymous Julien said...

Rappelons que les deux journalistes auteurs de cet article du Monde on eu également affaire à la justice et ont été condamné pour diffamation. Hervé Gattegno dans un procès face à Dumas et Gérard Davet Dans l'affaire Allègre.

14:47  
Anonymous grossel said...

J'ai découvert cette histoire, la vôtre, en visitant un site sur le 11 septembre. J'ai donc mis en ligne votre déclaration du 23/11 et fait le lien avec un article précédent.
Je trouve important de relayer ce genre d'info et de vous soutenir.
http://les4saisons.over-blog.com/article-4695103.html

16:28  
Anonymous ledran daniel said...

Je te souhaite bien du courage.
Tu vas en avoir besoin face à cette bande de chacals (pardon les chacals)
J'ai largement fait diffuser les infos te concernant.
Si tu as besoin de mes piètres talents???

10:16  
Anonymous jérôme said...

Cher Denis, une proposition peut-être idiote : pourquoi ne pas "politiser" ce qui vous arrive ? Je me souviens de certains animateurs du NPS aujourd'hui Royalistes enfourchant, un temps, votre cheval de bataille. Pourquoi ne pas les rappeler à votre bon souvenir, pourquoi ne pas (justement !) impliquer les politiques de gauche comme de droite (ceux-là même qui), quant à votre sors et quant au reste ? Oui, pourquoi ne pas utiliser cette fenêtre de tir qu'est la période pré-électorale actuelle ? Naïveté, stratégie à 2 balle ?... Plein de courage à vous.

13:18  
Anonymous FrédéricLN said...

Bonjour,
Je doute que la politique soit d'une grande aide à Denis Robert. La vérité est un autre Graal que le pouvoir. Cependant, on peut raisonnablement espérer que, d'ici 5 mois, la séparation des pouvoirs (re)devienne une réalité en France. Croisons les doigts, et ne faisons pas que ça.

08:58  

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