13.4.06

Michel Volle, économiste, statisticien, ancien administrateur de l’Insee, vient de nous envoyer ce commentaire après sa lecture du livre. Il offre un éclairage nouveau et intéressant au fonctionnement de la Shark Company, cette multinationale omniprésente dans la domination du monde.

"(...) Restons-en donc au secret des transactions, et recoupons-le avec ce que dit le Russe sur le monde des riches. Je crois que l'économie actuelle comporte deux types de relation : l'échange équilibré, où les deux parties ont le même pouvoir de refuser ou accepter la transaction ; la prédation, où l'une des deux parties est en mesure d'imposer la transaction à l'autre. La prédation, compensée par la charité, est la relation typique de la féodalité (cf. Marc Bloch, La société féodale). L'échange équilibré s'est mis en place avec la société industrielle à partir du XVIIIe siècle. La prédation n'a pas disparu alors – la mafia est une organisation féodale - mais elle était dans l'économie industrielle une rémanence archaïque.
Elle revient en force dans l'économie automatisée, informatisée qui fonde le système technique actuel et dans laquelle le risque et la violence, également extrêmes, vont de pair (cf. mon ouvrage e-conomie et aussi F.-X. Verschave, Noir Silence). Dès lors l'économie se divise en deux parties fonctionnant l'une sous le régime de l'échange équilibré, l'autre sous celui de la prédation. Les héros de Shakespeare revivent !
La charnière entre ces ceux parties, c'est le blanchiment qui permet de faire entrer le résultat de la prédation dans le circuit « normal » et légal. Ainsi les prédateurs peuvent se procurer influence (contrôle des médias et, à travers eux, des gouvernements), prestige et honorabilité ; ainsi les banquiers, politiques et magistrats que les prédateurs ont achetés peuvent jouir en toute quiétude du fruit de la corruption. Les gens que votre Russe appelle « les riches » ne sont autres que des prédateurs intelligents.
Votre analyse de Shark met à jour la charnière autour de laquelle pivotent les deux parties de l'économie contemporaine. C'est cela, et non le CPE, qui aurait dû déclencher des manifestations ! Mais, comme vous le dites, les médias sont ce que les prédateurs contrôlent le mieux (cf. l'aventure avec Le Matin) et cela leur permet d'orienter les émotions au mieux de leurs intérêts."

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

on lira utilement "le bal des predateurs" publie aux US dans les annees 80

14:38  
Anonymous Anonyme said...

Et un grand coup de Haarp dans les neurones et voila hop - magique - tous au dodo

Dire que ca pourrait etre de la fiction...

02:15  

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