14.12.07



La liste (1)

Cette semaine, deux journalistes (un anglais, un belge) m'ont demandé de leur donner des informations sur les listings de Clearstream. Pour des papiers à venir. Je les ai renvoyés vers Clearstream. Le salut viendra peut être de l'étranger. Ça m'a permis de remettre le nez dans cette fameuse liste de comptes d'octobre 2001 qui a tant excité Lahoud, Villepin, Sarkozy and Co. C'est amusant de voir comment ces gens sont passés à côté de choses essentielles.
J'ai reçu aussi cette semaine des nouvelles de la firme par voix d'huissiers. Ils se refont une virginité sur le dos du corbeau et cherchent à convaincre les juges de leur parfait professionnalisme. Du fait qu'il sélectionne et contrôle toutes leurs ouvertures de comptes. Ils ne sont absolument pas un poumon de la finance parallèle. Etc.
J'ai décidé de contrattaquer. Sur ce blog. Je livrerais ici de temps en temps des bouts de listings.
On va commencer doucement.

7 Comments:

Anonymous aurelien said...

Une première remarque est que tous les comptes sont bien attribués à l'aide d'un numéro correspondant à une banque ou à un organisme financier. Il y a une localisation géographique pour chaque compte, une date d'ouverture du compte, et un statut de publication(colonne C). 1 pour un compte publié et 0 pour un compte non publié (cf Cleartstream l'enquête)

Ce que l'on peut noter:

-Les numéros de comptes ne se suivent pas et la méthode d'attribution de ces numéros ne semble vraiment pas apparente. Pour les comptes Vanuatu, on peut voir que le classement n'est pas effectué par date d'ouverture des comptes par exemple. Sur les comptes Bahamas, on peut voir que ce classement n'est pas effectué par organisme financier non plus.


L'ordre du classement correspond-il chronologiquement à la première utilisation d'un compte par ces banques, après leur ouverture ?

-D'autre part, on peut remarquer que pour des comptes d'une même banque, le code de la colonne E diffère: par exemple pour Citibank, on retrouve CITIBANK, CITINASS, CITIBAHA, et même CITIBKNA...

Comment sont attribués ces codes et pourquoi diffèrent-ils dans un même organisme financier ? CITIBKNA est-il un code volontaire ? Ou une erreur dans l'entrée des données du listing ? Dans le cas d'un code volontaire, ce code avec les lettre de CITIBANK inversées semble pour le moins étrange. Dans le cas d'une erreur dans l'entrée des données, cela indique-t-il qu'aucune vérification n'est effectuée sur celles-ci une fois que celles-ci sont transcrites dans le système ?

14:51  
Anonymous aurelien said...

ah ah :-) c'était pour voir si vous suiviez, parce qu'après ça va être plus compliqué: les comptes sont bien classés par date d'ouverture et par chronologie descendante chez Vanuatu, mais pas chez Bahamas:

Prenez les trois premières lignes du grand tableau Bahamas et vous verrez que pour les deux premières la chronologie est bien descendante: 08/12/94 puis 14/12/94 puis bizarrement, on est propulsé plus d'un mois en arrière: le 31/10/94......

17:13  
Anonymous aurelien said...

edit: Il s'agirait en fait d'un regroupement de lignes du listing d'octobre 2001 effectué par l'auteur à but didactique, montrant des comptes ouverts dans deux territoires à la fiscalité facile: Vanuatu et Bahamas.

17:42  
Anonymous Sarkoperdu said...

Je trouve courageux et intéressant que Denis publie ces listings, mais j'avoue ne pas comprendre grand-chose.
Nous constatons que plusieurs très grandes banques ont des comptes, que deux paradis fiscaux les hébergent et...Que faut-il voir encore, au regard de comptes non-publiés, ou de personnalités qui auraient des comptes ou de trucages quelconques...Lire ces fichiers demande un décryptage, Denis, si possible...

Merci et courage on te soutient toujours.

22:21  
Anonymous Anonyme said...

Ou plus simplement, que foutent tout ces organismes dans des paradis fiscaux ? L'interêt pour la BNP d'ouvrir une succursale a Vanuatu ? Des comptes non publiés, dans un système de clearing, qui facilite en principe les échanges (par un numéro connu de tous les utilisateurs), a force, n'a plus beaucoup d'intérêt.

Dommage que l'OLAF ne soit pas vraiment sur le coup.

Mais on est des naïfs, des angéliques, des crétins... Un type qui construit des usines (siege social Luxembourg), à bout d'arguments à propos de ces dissimulations m'expliquait qu'il fallait bien un "contre-pouvoir"... Même pas foutu de respecter le libéralisme. Contre-pouvoir de quoi ? Foutu bargeot !

yves

22:45  
Anonymous Anonyme said...

Que branle Carlos ZEYEN à EUROPOL ?

Nouveau Job, "magistrat-coordinateur de la Cellule de Renseignement Financier", representant de l'union européenne...

Pour avoir bossé longtemps dans le no MAn's land européen, (pas dans les hautes spheres, quoique, mais bon - 9 ans - et signer une paperasse pour fermer ma gueule et ne plus en parler), je savais qu'il y avait des trucs improbables mais voir çà me fait
définitivement gerber.

02:29  
Anonymous aurelien said...

Ben oui, pourquoi ces grandes banques ont-elle des succursales dans ces paradis fiscaux sinon pour échapper à la fiscalité de leur propre pays...

Etant donné que Clearstream ou Euroclear leur permet d'effectuer des échanges instantanés et internationaux, leur présence n'est aucune nécessaire hors de leur localisation d'origine. Voir des succursales de ces grandes banques dites respectables dans des localisations considérées comme fiscalement non respectables indiquent une volonté de contourner les lois nationales afin de faire fructifier leurs affaires.


J'entends déjà le Rossignol chanter: "Oui, mais la liberté d'entreprise alors ?"

... ;-)

11:46  

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