9.12.07


Dasquié (suite). Quand j'ai écrit mon précédent commentaire, je n'avais pas vu l'interview de Guillaume Dasquié (voir le post d’Aurélien). C'est dommage qu'il ait craqué. Il va être difficile, voire impossible, de continuer à travailler pour lui sur ce genre de dossier.
Quand j'ai été perquisitionné l'an passé, la première chose à laquelle j'ai pensé, même si les policiers (fort aimables) n'ont rien trouvé de probant, c'est "que vont penser mes futurs informateurs?". J'étais à l'époque en conversation étroite avec un intermédiaire travaillant dans le pétrole (russe) ayant des preuves d'arrosage en France. Il ne m'a jamais plus donné signe de vie.
Je voudrais préciser puisque cette accusation revient parfois que je n'ai jamais divulgué une source. C'est une règle immuable. Si dans mon livre, j'ai cité l’auditeur Florian Bourges, c'est à sa demande expresse.
Dire aussi que mes mises en examen, la perquisition, les écoutes téléphoniques chez moi ou l'interdiction de mon livre n'ont suscité aucun émoi véritable dans la presse. C'est ce qui était le moins évident à digérer. Il est vrai que j'ai rendu ma carte de presse en 1997 et que je n'appartiens à aucune rédaction.
Dans le jeu compliqué avec le pouvoir, le chantage à la détention est une ritournelle. L’affaire Dasquié montre qu’on approche dangereusement du passage à l’acte. La prison pour non divulgation de source. Sarkozy, Alliot Marie ou leurs clones aiment la presse à leurs bottes, ils n’aiment pas les journalistes. La dernière une de Match avec Miss Dati en couverture est un monument du genre. Le problème du moment est qu’il existe des légions de lécheurs de bottes et de moins en moins de journalistes. De moins en moins de juges instruisant. De plus en plus de policiers. De plus en plus de commentaires. De moins en moins d'informations.

7 Comments:

Anonymous Justin Hurle said...

Et donc, que faire pour lutter contre cette désinformation ?... La rechercher par soi-même uniquement ?

18:07  
Anonymous Anonyme said...

J'ai peur, cher Denis, que vous ayez une lecture un peu hâtive de l'affaire...

Le journaliste français Guillaume Dasquié a été arrêté par la Direction de la sécurité du territoire (DST) et son appartement perquisitionné. Il a en définitive été relâché et mis en examen pour « détention de documents classés secret défense » et « divulgation de fichiers ou de renseignements classés secret défense ».

Selon le journaliste, la procédure viserait certains de ses articles sur les attentats du 11 septembre ainsi que son site Internet. Cependant, selon une source proche de l’enquête, il n’est pas d’usage de poursuivre un journaliste pour ce type de motif et, au demeurant, la Convention européenne des Droits de l’homme protége les journalistes dans ce type d’affaire. En réalité, M. Dasquié est soupçonné d’entretenir des relations avec un service étranger avec lequel il aurait échangé des documents classés secret défense. L’affaire serait directement suivie par Michèle Alliot-Marie, ancien ministre de la Défense, aujourd’hui ministre de l’Intérieur.

En 2002, Guillaume Dasquié et Jean-Charles Brisard avaient publié un ouvrage à succès dans lequel ils accusaient des personnalités saoudiennes d’avoir financé les attentats du 11 septembre 2001. Ils devaient par la suite admettre avoir inventé cette piste de bric et de broc. Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié durent se fendre d'excuses publiques à Khalid et Abdulrahman bin Mahfouz.

Simultanément, ils avaient intoxiqué la mission d’information parlementaire sur le blanchiment d’argent, laquelle avait été contrainte, une fois la supercherie découverte, de passer au pilon son rapport fraîchement édité. Il apparaissait bientôt que, dans cette affaire, M. Brisard était rémunéré par un cabinet états-unien.

En 2006, Guillaume Dasquié avait été imposé par de puissants protecteurs comme expert auprès de la chaîne France 3 pour commenter le bombardement du Liban par Israël. Il y avait multiplié les intoxications appelant de ses voeux la victoire de l’État hébreu.

22:50  
Blogger Liana78 said...

Bonjour. J'essaye d'écrire une nouvelle dans laquelle mon héros doit témoigner devant une commission en vue de l'ouverture d'une enquête parlementaire. Est-ce que vous accepteriez de me donner plus de détails sur le déroulement de telles réunions? Merci d'avance. PS: Je n'ai pas trouvé d'autres moyens de vous contacter.

10:55  
Anonymous Anonyme said...

Cette affaire est étrange. D'après Guillaume Dasquié, l'objectif principal de la DST était d'obtenir le nom de sa source. Cela signifierait que depuis avril, ils auraient été incapables de trouver la "taupe" qui a fourni les documents. Donc reconnaître publiquement leur incompétence. Un peu gros, non ?

11:19  
Blogger Itinéraire d'un galérien said...

Bonjour Monsieur Robert,

J'ai écouté votre "rap"... Le concept est très bon mais je trouve ça un peu limite en terme de musique ainsi que niveau phrasé. Si je vous envoie ça c'est que j'adhère totalement au concept et que j'aimerais vous aporter mon aide... Je suis compositeur de rap depuis 8 ans, j'aimerais bien vous parler si vous souhaitez en faire d'autres de meilleure qualité peut être. Voici mon mail, maniro78@gmail.com

Bien à vous et bravo.

21:49  
Anonymous aurelien said...

Un article critique très intéressant de Terry McCaughey (adviser to investment management consultancy Citisoft), paru en juin 2004 dans le journal The Banker.

Terry McCaughey s’étonne dans cet article intitulé "Are ICSDs too close for comfort ?" (traduction littérale: Les ICSDs sont-elles trop proches pour être en confort ?) que Clearstream et Euroclear cumulent à la fois le rôle de chambres de compensations internationales et de banques, et ce malgré les efforts de restructuration d’Euroclear afin de créer deux entités séparées, et les accusations de la Commission Européenne à propos de la position abusivement dominante de Clearstream dans ce marché.

http://www.thebanker.com/news/fullstory.php/
aid/1599/Are_ICSDs_too_close_for_comfort_.html

21:58  
Blogger bisane said...

Surprise, tout autant de ce qui arrive à Dasquié (et révoltée), et de voir de-ci de-là des commentaires tels que ceux de ... "anonyme" !

La protection des sources me semble nécessaire, voire vitale pour la démocratie. (voir La France et la Liberté de la Presse).

La polémique qui s'en suit, et la "propagande" de part et d'autre (Dasquié, qui signe souvent citoyen_averti dans des blogs commentant sa mise en examen d'une part, et de nombreux "anonymes" citant Meyssan d'autre part) me laisse rêveuse... Enfin, inquiète. Enfin, me questionne au plus haut point !
Voir Polémique Dasquié - Meyssan

11:51  

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